14 janvier 2019

Les conférencières et conférenciers (2021)

Julien Falk

Chercheur en neurodéveloppement à l'Institut NeuroMyoGène

 

Julien Falk travaille sur la croissance et le guidage des axones depuis son doctorat. Après avoir étudié le couplage des molécules d'adhérence au cytosquelette à l'institut de développement de Marseille [1, 2], il a ensuite travaillé dans le groupe de Valérie Castellani sur le rôle des molécules d'adhérence lors de la navigation des axones en réponse à des facteurs de guidage solubles, les Semaphorines [3]. Au cours de son deuxième stage postdoctoral, il a étudié le rôle de l'endocytose lors du guidage et de la croissance des axones dans le groupe de Christine Holt à l'université de Cambridge [4, 5]. Il est maintenant chargé de recherche dans le groupe de Valérie Castellani et travaille sur l'initiation et le guidage des axones [6-9].

Parcours

Depuis 2009 : Chargé de recherche  dans l’équipe Neurodéveloppement et Signalisation dirigée par V. Castellani. Institut NeuroMyoGene (INMG) - UMR5310 - INSERM U1217 Université Claude Bernard - Lyon I
2005 : Stage post-doctoral dans le groupe du Prof. C.E. Holt. Department of Physiology, Development and Neuroscience (PDN) at the University of Cambridge, UK.
2004 : Stage post-doctoral le groupe du Dr. V. Castellani. Centre de Génétique  Moléculaire et Cellulaire (CGMC),  UMR 5534, Université Claude Bernard - Lyon I
1999 : Stage doctoral  dans le laboratoire de Dr. G. Rougon. Directeur de thèse : Dr. C. Faivre-Sarrailh (co-supervision Dr. V Castellani). Laboratoire “Neurogenèse et Morphogenèse dans le Développement et chez l'Adulte”, INMG, Marseille.
1998 : Stage de DEA dans le laboratoire de Dr. G. Rougon. Laboratoire “Neurogenèse et Morphogenèse dans le Développement et chez l'Adulte”, INMG, Marseille.
1996 : ENS, Lyon (Élève Normalien)

 

Le Dr Julien Falk nous présentera :

Comprendre la navigation des axones : recherche fondamentale et aspects cliniques

"Nos différentes activités dépendent de circuits neuronaux spécifiques. Leur formation, pendant développement embryonnaire, repose sur la croissance orientée de prolongements neuronaux, les axones. De nombreuses informations spatiales contrôlent l’élongation des axones jusqu’à leur cible permettant d’éviter la formation de circuits dysfonctionnels.

Au cours de cette présentation, nous évoquerons comment des aspects cliniques ont nourri la recherche sur la navigation des axones dans l’équipe et à travers des travaux en cours comment l’étude de nouveaux mécanismes de guidage nous a amené à nous intéresser à une molécule à l’origine de neuropathologies pédiatriques et à ouvrir de nouvelles perspectives sur le rôle qu’elle pourrait jouer dans ce contexte. "

 

  • [1]    Falk J, Thoumine O, Dequidt C, Choquet D, Faivre-Sarrailh C. NrCAM coupling to the cytoskeleton depends on multiple protein domains and partitioning into lipid rafts. Mol Biol Cell 2004;15:4695–709.
  • [2]    Faivre-Sarrailh C, Falk J, Pollerberg E, Schachner M, Rougon G. NrCAM, cerebellar granule cell receptor for the neuronal adhesion molecule F3, displays an actin-dependent mobility in growth cones. J Cell Sci 1999;112:3015–27.
  • [3]    Falk J, Bechara A, Fiore R, Nawabi H, Zhou H, Hoyo-Becerra C, et al. Dual functional activity of semaphorin 3B is required for positioning the anterior commissure. Neuron 2005;48:63–75.
  • [4]    Falk J, Konopacki FA, Zivraj KH, Holt CE. Rab5 and Rab4 regulate axon elongation in the Xenopus visual system. J Neurosci Off J Soc Neurosci 2014;34:373–91. doi:10.1523/JNEUROSCI.0876-13.2014.
  • [5]    Falk J, Drinjakovic J, Leung KM, Dwivedy A, Regan AG, Piper M, et al. Electroporation of cDNA/Morpholinos to targeted areas of embryonic CNS in Xenopus. BMC Dev Biol 2007;7:107.
  • [6]    Delloye-Bourgeois C, Jacquier A, Charoy C, Reynaud F, Nawabi H, Thoinet K, et al. PlexinA1 is a new Slit receptor and mediates axon guidance function of Slit C-terminal fragments. Nat Neurosci 2015;18:36–45. doi:10.1038/nn.3893.
  • [7]    Charoy C, Nawabi H, Reynaud F, Derrington E, Bozon M, Wright K, et al. gdnf activates midline repulsion by Semaphorin3B via NCAM during commissural axon guidance. Neuron 2012;75:1051–66. doi:10.1016/j.neuron.2012.08.021.
  • [8]    Delloye-Bourgeois C, Jacquier A, Falk J, Castellani V. Use of pHluorin to assess the dynamics of axon guidance receptors in cell culture and in the chick embryo. J Vis Exp JoVE 2014:e50883. doi:10.3791/50883.
  • [9]    Falk J, Castellani V. Axon Guidance. Cell. Migr. Form. Neuronal Connect., Elsevier; 2013, p. 69–88.

Voici la vidéo de la conférence du Dr Julien Falk :

Carine Halfon-Domenech

MCU-PH aux HCL et à l'UCBL,

Pédiatre spécialisée en oncohématologie et chercheuse au CRCL dans l'équipe "Apoptose, cancer et développement"

 

Pédiatre spécialisée en oncohématologie, Carine Halfon-Domenech porte la double casquette de médecin-chercheuse. Intéressée par la recherche, elle réalise durant son externat un équivalent de Master 1 en recherche. Grâce à son investissement dans la recherche clinique en parallèle de son internat, elle obtient la Médaille d’Or des Hospices Civils de Lyon, ce qui lui permettra d’obtenir des financements pour la réalisation de son Master 2. A la fin de son clinicat, elle s’investit dans une thèse de recherche à Paris sur le développement de différents cancers.

En 2016, elle réussit avec succès les concours pour devenir MCU-PH (Maître de Conférence Universitaire et Praticien Hospitalier). Depuis, Carine Halfon-Domenech a décidé de monter de toute pièce son projet sur la compréhension de la leucémogénèse (développement des leucémies) et l’impact du microenvironnement, au sein du CRCL. Elle répartit aujourd’hui son temps de travail entre la recherche fondamentale, la clinique et l’enseignement. Métier qu’elle qualifie de dense, mais très enrichissant.

Le Dr Carine Halfon-Domenech nous présentera :

Leucémies aiguës de l’enfant : du diagnostic à la recherche translationnelle.

Les leucémies aiguës représentent la première cause de cancer chez l’enfant, chez qui elles se développent principalement aux dépens de la lignée lymphoïde. Ces maladies touchent tout particulièrement de jeunes enfants, avec un pic d’incidence situé entre 2 et 5 ans. Bien que quelques facteurs de risque soient connus à ce jour, les leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) surviennent essentiellement chez des enfants auparavant en bonne santé (>90%). Les processus de leucémogenèse demeurant le plus souvent incompris à ce jour. Grâce aux progrès thérapeutiques réalisés ces 30 dernières années, les taux de guérison se sont considérablement améliorés, au prix cependant de toxicités et de complications pouvant survenir à plus ou moins long terme. Afin de développer des traitements moins « agressifs », et que le moins d’enfants possible décèdent de ces maladies, la compréhension des processus de leucémogenèse au travers de la recherche fondamentale s’avère indispensable.

Frrottis sanguin dans le cadre d'une leucémie aigüe lymphoblastique

Dans notre projet, nous nous intéressons spécifiquement à l’étude des mécanismes de résistance à l’apoptose des cellules leucémiques ainsi qu’à l’origine de la leucémogenèse. Pour cela, nous avons pour objectif de rechercher, grâce à la réalisation du RNA seq d’un panel représentatif de patients atteints de leucémie aiguë lymphoblastique B, au diagnostic ou lors de la rechute, de facteurs orientant sur l’origine de ce processus cancéreux, en particulier foetal. Nous nous interrogeons également sur la fonctionnalité de l’hématopoïèse résiduelle, lorsqu’elle existe. Enfin, nous tentons d’élucider d’autres mécanismes de résistance à la mort cellulaire. Cela passe en partie par l’étude du microenvironnement des cellules leucémiques représenté par les cellules souches mésenchymateuses, cultivées à partir des prélèvements médullaires au diagnostic d’enfants atteints de leucémie aiguës lymphoblastiques. Outre la caractérisation des ces cellules du microenvironnement, nous étudierons également le dialogue établi entre les cellules souches mésenchymateuses et les cellules leucémiques. Si ces recherches aboutissent, cela devrait nous permettre, d’une part, une meilleure compréhension du processus de résistance des cellules leucémiques aux mécanismes de mort cellulaire. D’autre part, cela pourrait nous permettre, tout du moins nous l’espérons, de pouvoir utiliser de nouvelles thérapeutiques ciblées dans les formes les plus graves de leucémie en association aux chimiothérapies conventionnelles et d’ainsi améliorer le pronostic de ces enfants, sans toxicité surajoutée.

 

Voici la vidéo de la conférence du Dr Carine Halfon-Domenech :

Alexandre Belot

Pédiatre spécialisé en rhumatologie et immunologie et chercheur au CIRI dans l'équipe "Immunité innée dans les maladies infectieuses et autoimmunes"

 

Alexandre Belot est un médecin chercheur spécialisé dans l’immunologie et la rhumatologie pédiatrique. Il a réalisé ses études de médecine à Lyon et à Paris, où il a travaillé dans l’unité de pédiatrie immunologique du professeur Alain Fischer à l’hôpital Necker. Il complète en 2012 sa thèse en immunologie intitulée « Les cellules dendritiques dans les granulomes dépendants de l’IL-17A : mécanismes de survie, de recrutement et rôles dans la tuberculose et l’histiocytose langerhansienne pulmonaires ». Il effectue ensuite un post doctorat en génétique à Manchester dans le groupe du professeur Yanick Crow. Depuis 2013, il est le chef de l'unité de rhumatologie pédiatrique et du centre national de référence pour les rhumatismes juvéniles rares et les maladies auto-immunes systémiques à l'hôpital pédiatrique "HFME" des Hospices Civils de Lyon. Impliqué dans le programme national sur les maladies rares, il copréside le réseau national sur les maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares et participe au programme national de recherche sur les maladies inflammatoires. Il travaille actuellement dans l’équipe du docteur Thierry Walzer « Immunité innée dans les maladies infectieuses et autoimmunes » et en particulier sur le lupus monogénique. En 2018, lui et son équipe sont lauréat de la Fondation Square.

Le Pr Alexandre Belot nous présentera :

Lupus monogénique : identification des mécanismes de tolérance chez l'Homme

Immunofluorescence directe de peau lésionnelle, dans le cadre d'un lupus systémique

"Le lupus systémique est une maladie autoimmune hétérogène qui peut toucher tous les organes. Comme pour nombreuses maladies autoimmunes, les causes de la maladie ne sont pas connues. La participation de facteurs génétique est importante. Chez l'enfant cette maladie est plus sévère et des anomalies génétiques sont plus fréquentes. Nous faisons l'hypothèse que comme dans le cancer, des mutations germinales ou somatiques représentent des facteurs majeurs du développement de l'autoimmunité. L'identification de ces facteurs est d'une importance majeure pour comprendre les mécanismes de tolérance mais aussi pour adapter les traitements et proposer des thérapeutiques ciblées. Parmi les grandes voies physiopathologiques associées à des formes monogéniques de lupus, il y a les défauts d'élimination des acides nucléiques extracellulaires, les anomalies du métabolisme, du sensing des acides nucléiques intracellulaires et les anomalies de la transduction des interférons. Certains déficits des lymphocytes B peuvent aussi conduire à ces formes monogéniques. Nos récents travaux ont conduit à l'identification d'une nouvelle forme de lupus monogénique par haploinsuffisance de SOCS1. SOCS1 est un puissant régulateur négatif de la transduction du signal des récepteurs de cytokines. Les patients avec haploinsuffisance de SOCS1 développent différents types d'autoimmunité et ces anomalies biologiques peuvent être corrigées in vitro et in vivo par l'ajout d'un traitement par JAK inhibibiteurs. L'apport de l'étude des variants génétiques rares et prédits pathogéniques permet d'établir la carte immunogénétique des patients permettant de proposer des traitements ciblés."

 

Voici la video de la conférence du Pr Alexandre Belot :

Audrey Nosbaum

Dermatologue spécialisée en allergologie et chercheuse au CIRI dans l'équipe : "Immunologie de l'allergie cutanée et vaccination"

Dermatologue spécialisée en allergologie, Audrey NOSBAUM exerce le métier de médecin-chercheuse. Après l’obtention d’un Master 2 et à la fin de son internat de dermatologie, elle s’est envolée pour San Francisco pour réaliser une thèse de science sur l’inflammation de la peau.

A la fin de sa thèse, elle revient en France pour exercer pleinement son métier de Médecin-Chercheuse. Actuellement Chef de service adjoint du service d’allergologie et d’immunologie clinique à l’hôpital Lyon Sud, elle travaille en parallèle sur les allergies au Centre International de Recherche en Infectiologie et dispense des cours à la faculté.
Ses recherches portent notamment sur la dermatite atopique, les eczémas et les allergies médicamenteuses.

Les allergies sont un véritable fléau de l’époque urbaine. On estime que 25 à 30% de la population serait touchée par une maladie allergique. Il s'agit d'un dérèglement du système immunitaire qui réagit anormalement face à un agent non pathogène.

Le Dr Audrey Nosbaum nous présentera :

"L’eczéma dans tous ses états : alliance entre clinique et recherche translationnelle”

Le Dr Audrey Nosbaum prend en charge des patients atteints d’allergie cutanée, conduit des projets de recherche, tant fondamentaux que cliniques. En tant que chercheuse, le Dr Nosbaum étudie l'immunologie de l'eczéma, y compris la dermatite atopique, en se concentrant sur l'identification de biomarqueurs diagnostiques et de nouvelles stratégies thérapeutiques, en utilisant à la fois des modèles de souris et des échantillons de patients. En tant que clinicienne, elle traite les patients atteints de dermatite atopique et d'affections inflammatoires de la peau. Elle est également coordinatrice du Centre d'excellence et de référence de la dermatite atopique aux HCL. Elle présentera un panorama des différents projets translationnels menés dans la dermatite atopique.

Voici la vidéo de la conférence du Dr Audrey Nosbaum :